Remontées Capillaires : Solutions Efficaces pour Éliminer l’Humidité des Murs

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Dans de nombreux logements anciens, les remontées capillaires restent l’un des désordres les plus sous-estimés. Le phénomène débute au ras du sol, presque discrètement, puis s’installe durablement dans la maçonnerie. Peintures qui se décollent, salpêtre, parois froides malgré un chauffage performant : les signaux s’additionnent et finissent par affecter la qualité de l’air, le confort thermique et la solidité de l’ouvrage. Pour les acteurs de la ville durable, ignorer cette humidité ascendante, c’est fragiliser la performance énergétique du bâtiment et compromettre la pérennité d’une rénovation, qu’elle soit patrimoniale ou contemporaine.

Le sujet des remontées capillaires ne relève pas d’un détail technique réservé aux spécialistes. Il interroge la manière de concevoir et de rénover l’habitat dans une logique de sobriété et de durabilité. Un mur humide isole mal, stocke des sels minéraux qui dégradent les enduits, et devient parfois un terrain favorable aux moisissures. À l’échelle d’un quartier ou d’un parc immobilier, ces pathologies pèsent sur les factures énergétiques, sur la santé des occupants et sur la valeur des biens. Comprendre le mécanisme, poser un diagnostic fiable, choisir une solution adaptée puis organiser le chantier dans le bon ordre : c’est cette chaîne de décisions qui permet d’assainir durablement les murs, sans surinvestir dans des traitements spectaculaires mais peu cohérents.

En bref

  • RemontĂ©es capillaires : une humiditĂ© ascendante qui part du sol, fragilise les murs et dĂ©grade le confort intĂ©rieur.
  • Diagnostic prĂ©cis : localiser les traces en pied de mur, distinguer condensation, infiltrations et humiditĂ© ascensionnelle.
  • Couper la remontĂ©e : barrière de capillaritĂ© (souvent par injection) complĂ©tĂ©e, si besoin, par un drainage rĂ©flĂ©chi.
  • Laisser sĂ©cher et traiter les sels : gĂ©rer le salpĂŞtre, adapter enduits et peintures pour prĂ©server la respirabilitĂ© des parois.
  • PrĂ©vention Ă  long terme : maĂ®triser les eaux pluviales, les niveaux de sols extĂ©rieurs et la ventilation pour Ă©viter les rĂ©cidives.

Remontées capillaires : identifier les signes d’une humidité ascendante dans les murs

Les remontées capillaires se manifestent rarement par un seul symptôme isolé. Elles dessinent plutôt un faisceau d’indices, situé au bas des parois, qui permet de différencier cette humidité ascendante d’autres pathologies comme la condensation ou les infiltrations ponctuelles. Dans un bâtiment, les murs agissent comme un matériau poreux qui “boit” l’eau du sol. Celle-ci progresse dans les micro-capillaires de la maçonnerie, remonte de quelques dizaines de centimètres à plus d’un mètre, puis s’évapore en surface en laissant des sels minéraux.

Le premier repère est la localisation des désordres. Les taches se concentrent à la jonction sol/mur, en formant des auréoles irrégulières qui montent en “vagues”. Les plinthes gondolent ou se décollent, la peinture forme des cloques, voire des zones qui sonnent creux lorsqu’on les frappe légèrement. À l’inverse, une infiltration par la façade touche souvent un point précis plus haut, près d’une fissure ou d’un défaut de couverture. Cette géométrie des dégradations est un indicateur précieux pour toute personne chargée du diagnostic.

Un autre signe fréquent est la présence de salpêtre, ces dépôts blanchâtres ou poudreux qui apparaissent sur la surface du mur. Ils proviennent des sels dissous dans l’eau remontant du sol. En cristallisant, ces sels prennent du volume et exercent une pression sur les revêtements, qui se détachent. Un simple nettoyage ne suffit pas : sans traitement du phénomène à la base, ces efflorescences réapparaissent régulièrement. Pour les professionnels comme pour les particuliers, comprendre la gestion de ces dépôts est indispensable avant de choisir un nouvel enduit ou une nouvelle peinture.

Les sensations jouent aussi un rôle. Une paroi touchée par les remontées capillaires semble anormalement froide au toucher, même dans une pièce chauffée, car l’évaporation de l’eau consomme de l’énergie. L’air ambiant paraît lourd, avec une odeur tenace de renfermé, surtout dans les pièces de rez-de-chaussée peu ventilées ou derrière des meubles plaqués au mur. Cet inconfort n’est pas anecdotique : il reflète une perte de performance énergétique et une ambiance intérieure dégradée, au moment même où la ville durable impose de mieux gérer chaque kilowattheure consommé.

Pour illustrer cette réalité, de nombreux projets de rénovation montrent le même scénario. Un propriétaire refait un séjour : doublage isolant, nouvelle peinture, sol vinyle. Quelques mois plus tard, des cloques apparaissent jusqu’à 40 cm de hauteur. Les finitions pourtant neuves se dégradent. La cause ? L’humidité contenue dans les murs, enfermée derrière des matériaux peu respirants, qui n’a plus d’issue. Les remontées existantes n’ont pas été traitées, seules les conséquences visibles ont été masquées.

Dans ce contexte, la vigilance sur le diagnostic différentiel est déterminante. La condensation, très courante dans les logements étanches, se manifeste plutôt en surfaces froides plus hautes : angles de plafonds, vitrages, zones derrière un meuble où l’air circule mal. Les taches sont sombres, souvent associées à des moisissures. La remontée capillaire, elle, reste focalisée sur le pied du mur, avec présence de sels. Confondre les deux conduit à des travaux inadaptés : installer une VMC pour un problème majoritairement ascensionnel, ou au contraire injecter des résines alors que le cœur du sujet est la ventilation et la gestion de la vapeur d’eau intérieure.

Pour affiner cette étape, un diagnostic réalisé par un intervenant expérimenté s’appuie sur des mesures d’humidité dans les matériaux, l’observation des abords extérieurs, et une lecture attentive de l’histoire du bâtiment. Le constat visuel n’est qu’un point de départ. La clarté de cette première phase conditionne la pertinence des investissements à venir, et évite des traitements coûteux qui ne ciblent pas la cause réelle.

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Comprendre les causes des remontées capillaires pour mieux les maîtriser

Les remontées capillaires ne sont ni un hasard ni une fatalité. Elles apparaissent dès lors que trois conditions se combinent : un sol humide, des matériaux poreux et l’absence de barrière de capillarité efficace à la base de la maçonnerie. Dans de nombreuses maisons anciennes, cette coupure n’existait pas au moment de la construction. Les pratiques du bâtiment ont longtemps considéré que l’épaisseur des murs suffisait à garantir la durabilité, sans intégrer systématiquement une protection contre l’humidité ascendante.

Le sol constitue la première composante du problème. Selon sa nature, il retient davantage l’eau et transporte plus ou moins de sels minéraux. Un terrain argileux, des nappes peu profondes, ou un environnement saturé par les eaux pluviales rendent le pied des fondations constamment humide. Dans un lotissement dense ou une rue ancienne pavée, l’imperméabilisation progressive des surfaces extérieures limite l’infiltration naturelle de l’eau dans le sol et concentre cette humidité autour des bâtiments. Le mur devient alors un chemin préférentiel de migration vers l’air libre.

Les matériaux participent également. Pierre calcaire tendre, brique pleine, mortiers anciens, blocs béton : tous présentent une porosité qui, dans une certaine mesure, fait respirer le bâti. Ce caractère “ouvrant” n’est pas un défaut en soi. Il devient problématique quand aucune coupure de capillarité ne vient interrompre la remontée, et lorsque l’évacuation de la vapeur en surface est bloquée par des enduits ou revêtements trop étanches. Le mur se comporte alors comme une éponge saturée qui ne parvient plus à sécher.

Un phénomène souvent mal compris tient au rôle des aménagements extérieurs. Dans beaucoup de rénovations, une terrasse en béton est coulée directement contre la façade, un trottoir est rehaussé, une cour est enrobée sans drainage. Ces travaux, pensés pour le confort d’usage, créent un effet de “baignoire” au pied du mur. L’eau pluviale stagne, le niveau du sol extérieur se rapproche du plancher intérieur, et la maçonnerie reste constamment en contact avec l’humidité. À moyen terme, les remontées capillaires s’intensifient ou apparaissent là où elles étaient jusque-là limitées.

Le climat accentue ce processus. Lors des périodes chaudes, l’évaporation en surface est plus forte. Le mur attire alors davantage d’eau depuis le sol pour rééquilibrer ce flux. Les marques d’humidité peuvent paradoxalement devenir plus visibles en été le long des façades très exposées. Ce constat est important pour les acteurs de la planification urbaine et de la rénovation énergétique : intégrer l’évolution climatique, avec des épisodes de chaleur plus intenses et des pluies plus concentrées, devient indispensable dans la gestion de l’eau autour des bâtiments.

Pour clarifier ces interactions, le tableau suivant synthétise les principaux facteurs et leurs effets sur les remontées capillaires :

Facteur Exemple de situation Effet sur les remontées capillaires
Absence de coupure de capillarité Maison en pierre début XXe siècle Permet à l’eau du sol de remonter librement dans la maçonnerie
Sols extérieurs imperméables Terrasse béton, enrobé ou carrelage collé contre la façade Augmente l’humidité au pied du mur et maintient les fondations dans l’eau
Matériaux très poreux Briques pleines, pierres calcaires tendres, mortiers anciens Facilitent la migration de l’eau et des sels minéraux vers la surface
Revêtements intérieurs étanches Enduit ciment, peinture plastique, vinyle mural Empêchent l’évaporation et concentrent l’humidité dans l’épaisseur du mur

Dans ce contexte, les professionnels de l’urbanisme et de l’immobilier ont intérêt à anticiper. Lorsqu’un projet de réhabilitation d’un îlot ancien est lancé, intégrer dès la phase d’étude un diagnostic des remontées capillaires évite d’investir massivement dans l’isolation et les finitions avant d’avoir traité la base. C’est un enjeu de cohérence globale : un bâtiment bas carbone ne se résume pas à des matériaux performants, il repose aussi sur un bâti sain, capable de durer sans réparations récurrentes.

Cette compréhension des causes prépare le terrain pour le choix des traitements. Elle permet de privilégier des solutions qui coupent réellement le flux d’eau, tout en préservant la capacité du mur à sécher. C’est cette combinaison qui garantit un résultat durable, compatible avec les ambitions de performance énergétique et de confort à long terme.

Traitements des remontées capillaires : comparer les solutions et leurs usages

Une fois le diagnostic posé, la question devient : comment stopper efficacement les remontées capillaires sans surcoût inutile ? Plusieurs techniques coexistent, chacune ayant un domaine de pertinence. Le choix dépend de la configuration du bâtiment, de l’accessibilité des façades, du type de maçonnerie et des contraintes d’usage. L’enjeu est de combiner des solutions qui coupent la remontée à la base et limitent l’eau au contact des fondations, plutôt que de multiplier les produits de surface peu efficaces à long terme.

La méthode la plus courante reste l’injection d’un produit hydrofuge en pied de mur. Elle consiste à percer une série de trous réguliers, horizontalement, à proximité du sol, puis à y injecter une résine ou un gel qui diffuse dans les capillaires de la maçonnerie. Une fois polymérisé, ce produit forme une barrière qui rend le matériau hydrophobe sur une certaine hauteur. L’eau du sol ne peut plus remonter au-delà de ce plan de coupure. L’opération est relativement peu intrusive à l’intérieur, ce qui en fait un choix fréquent pour les logements occupés.

Ce traitement nécessite toutefois rigueur et adaptation. Sur un mur en pierre ou en moellons, la répartition des perçages doit tenir compte des joints, des blocs plus denses et des hétérogénéités du support. Le choix du produit influe aussi sur le temps de diffusion et la profondeur atteinte. Surtout, l’injection ne règle pas instantanément les désordres visibles : le mur doit sécher, ce qui demande plusieurs mois, voire davantage selon l’épaisseur. Une intervention complémentaire sur les enduits et les sels, ainsi que la maîtrise de la ventilation intérieure, sont indispensables pour stabiliser la situation.

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Autre levier : le drainage périphérique. Lorsqu’il est techniquement possible, il consiste à creuser le long des fondations, poser un drain dans un lit de graviers, protéger les parois par un revêtement adapté et diriger les eaux collectées vers un exutoire fiable. L’objectif est de réduire la quantité d’eau au contact des murs, surtout dans les terrains très humides ou en pente. Ce type de chantier s’envisage davantage sur des maisons non mitoyennes ou des bâtiments indépendants, car il nécessite un accès tout autour de la construction.

Le drainage ne remplace pas toujours une barrière de capillarité, mais il la renforce. Sur un bâti très exposé, l’association des deux s’avère souvent la plus durable : la coupure interne empêche la remontée, le drainage limite la pression d’eau. En ville dense, où les tranchées sont parfois impossibles, d’autres solutions doivent être envisagées, comme la gestion soignée des eaux pluviales et des niveaux de sols, ou des techniques plus spécifiques comme l’électro-osmose.

La centrale d’assèchement par électro-osmose repose sur un principe différent. Des électrodes sont installées dans les murs et reliées à un appareil qui applique un faible courant continu, inversant le flux d’eau dans les capillaires. L’humidité est repoussée vers le sol, ce qui assèche progressivement la maçonnerie. Cette approche peut être intéressante dans certains bâtiments patrimoniaux où les interventions mécaniques lourdes sont limitées. Elle demande un dimensionnement précis, une surveillance dans le temps et un fonctionnement continu de l’équipement pour rester efficace.

Face à cette diversité, une grille de lecture simple aide à orienter les choix :

  • Maison individuelle accessible : injection en pied de mur + traitement des enduits + Ă©ventuellement drainage si le terrain est très humide.
  • Bâti ancien mitoyen : diagnostic approfondi, injection adaptĂ©e Ă  la nature des murs, gestion minutieuse des sels et des finitions, rĂ©flexion sur la ventilation.
  • Ensemble patrimonial ou structure fragile : combinaison prudente d’une coupure de capillaritĂ©, lorsque possible, avec des techniques moins invasives (Ă©lectro-osmose, revĂŞtements respirants) et un suivi sur plusieurs saisons.

Dans tous les cas, la méfiance s’impose vis-à-vis des “peintures miracles” ou des revêtements dits anti-humidité qui se contentent de bloquer les symptômes en surface. Ils peuvent aggraver la situation en piégeant l’eau derrière une couche imperméable, ce qui accélère ensuite la dégradation des enduits et des joints. Le traitement efficace est celui qui respecte la logique physique du mur : l’eau ne doit plus remonter, mais l’humidité résiduelle doit pouvoir s’évacuer progressivement.

Pour les décideurs publics et les gestionnaires de parc immobilier, intégrer ces paramètres dans les cahiers des charges de rénovation évite les spirales de travaux répétitifs. Une stratégie qui combine coupure de capillarité, gestion de l’eau autour du bâti et finitions respirantes aligne performance technique et maîtrise des coûts sur le long terme.

Assainir les murs de l’intérieur : enduits respirants, gestion du salpêtre et finitions durables

Une fois la remontée capillaire stoppée, l’enjeu se déplace vers l’intérieur : comment remettre les murs en état sans perturber le processus de séchage ? C’est une phase souvent sous-estimée. Pourtant, elle conditionne le confort des occupants, la tenue des finitions et la qualité de l’air intérieur. Un mur récemment traité reste chargé en eau et en sels. Le presser de recevoir un doublage étanche ou une peinture fermée revient à enfermer un problème encore actif.

Le premier travail consiste à gérer les sels minéraux. Ils se sont accumulés au fil des années dans l’épaisseur de la maçonnerie. Même si la source d’eau est désormais contrôlée, ces sels continuent de réagir aux variations d’humidité et de température. Ils peuvent repousser un nouvel enduit, faire cloquer une peinture ou fragiliser une plinthe en bois. Un décapage mécanique des parties altérées, accompagné de traitements spécifiques, est souvent nécessaire avant toute reconstruction de finition.

Dans cette étape, il est utile de s’appuyer sur des ressources pratiques dédiées aux enduits en contexte humide. Un contenu comme ces conseils pour enduire un mur soumis à l’humidité aide à choisir une solution compatible avec la réalité du support : degré d’humidité résiduelle, nature du matériau, type de pièce concernée. L’objectif n’est pas seulement esthétique. Il s’agit d’assurer la pérennité de l’intervention en permettant au mur de respirer.

Les enduits à la chaux ou certains mortiers de rénovation dits “assainissants” occupent ici une place centrale. Leur structure poreuse facilite la migration de la vapeur d’eau vers l’intérieur de la pièce, limitant les concentrations d’humidité dans la maçonnerie. À l’inverse, un enduit ciment ou une peinture acrylique très fermée peuvent bloquer cette évacuation, entraînant de nouveaux désordres en quelques mois. L’enjeu est d’aligner la nature de l’enduit avec le comportement hygrothermique visé : un support qui respire, mais qui reste sain et stable.

La question des doublages isolants mérite également une attention particulière. Dans les programmes de rénovation énergétique, l’isolation intérieure est souvent privilégiée pour des raisons budgétaires ou architecturales. Si elle est posée sur un mur qui n’a pas fini de sécher, ou avec des matériaux sensibles à l’humidité (plaques de plâtre standard, isolants fibreux non protégés), elle peut devenir un piège à eau. Derrière le parement, l’humidité stagnante favorise le développement de moisissures invisibles et dégrade les performances thermiques.

Lorsque l’isolation par l’extérieur est envisageable, elle peut compléter l’assainissement du mur en le tenant à une température plus stable et en le protégeant des chocs thermiques. Mais cette solution ne dispense jamais de traiter la remontée capillaire. Investir dans une enveloppe performante sans sécuriser la base revient à construire sur un socle instable. Dans les faits, les projets les plus aboutis associent coupure de capillarité, gestion des sels, enduits respirants et isolation pensée dans la continuité de cette logique.

Pour les pièces de vie, le choix des revêtements de finition participe au confort quotidien. Peintures minérales, revêtements perméables à la vapeur d’eau, finitions à base de chaux ou de silicates sont à privilégier. À l’inverse, les papiers peints vinyles, les peintures filmogènes épaisses et certains lambris collés directement sur le mur risquent de freiner l’évacuation de l’humidité résiduelle. À l’échelle de la ville durable, cette attention portée aux matériaux peut sembler micro, mais multipliée sur des milliers de logements, elle conditionne la performance énergétique réelle et le bien-être des habitants.

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Un exemple concret illustre cette approche. Dans une maison des années 1930, les remontées capillaires du rez-de-chaussée ont été traitées par injection. Le propriétaire envisageait initialement de reposer un papier peint épais. Les conseils reçus l’ont orienté vers un enduit à la chaux et une peinture minérale. Deux ans plus tard, les murs restent sains, sans cloques ni retour de salpêtre. L’investissement en temps et en réflexion sur les matériaux a permis d’éviter une seconde campagne de travaux, économiquement et écologiquement coûteuse.

C’est dans ce croisement entre technique, confort et durabilité que se joue l’assainissement intérieur. Un mur traité ne devient pas instantanément sec ; il entame un processus de rééquilibrage qui doit être accompagné par des finitions adaptées. Respecter cette temporalité, c’est accepter qu’une rénovation réussie s’inscrit dans la durée, au service d’un habitat plus sain et plus sobre en ressources.

Diagnostic, prévention et gestion à long terme des murs humides par remontées capillaires

Avant de décider d’un traitement, la phase de diagnostic global reste la meilleure protection contre les dépenses inutiles. Elle ne se limite pas à constater des taches en bas des murs. Elle prend en compte l’ensemble du contexte : année de construction, matériaux, modifications réalisées (terrasse, trottoirs, isolation), système de ventilation, gestion des eaux pluviales. Cette vision systémique est cohérente avec les principes de la ville durable, où chaque intervention doit s’inscrire dans un ensemble plus large.

Sur le terrain, les professionnels utilisent différents outils : hygromètres de surface, mesures en profondeur, thermographie infrarouge, inspection des abords. L’analyse des plans, quand ils existent, révèle la présence ou non de coupure de capillarité d’origine. Dans un immeuble ancien de centre-ville, par exemple, la combinaison de caves voûtées, de trottoirs rehaussés et de murs mitoyens impose une réflexion spécifique : les remontées capillaires ne se traitent pas de la même manière que dans une maison individuelle en périphérie.

Cette étape de diagnostic permet aussi de distinguer les problèmes superposés. Il n’est pas rare qu’un logement cumule condensation liée à une ventilation insuffisante, infiltrations ponctuelles par la toiture et remontées capillaires anciennes. Traiter un seul volet sans voir les autres revient à déplacer le problème. Un plan d’action hiérarchisé, établi avec le maître d’ouvrage, évite ces impasses : d’abord sécuriser la structure et l’humidité ascendante, ensuite améliorer la ventilation, enfin optimiser l’isolation et les finitions.

La prévention joue un rôle tout aussi majeur. Une fois les remontées traitées, il s’agit d’éviter leur réapparition. Cela passe par une meilleure gestion de l’eau autour du bâtiment : gouttières entretenues, descentes prolongées pour rejeter l’eau à distance des murs, sols extérieurs légèrement inclinés pour éloigner les ruissellements, végétation au pied des façades maîtrisée. Dans un contexte de pluies plus intenses et de sols urbanisés plus imperméables, ces gestes deviennent une composante à part entière de la stratégie de résilience des quartiers.

À l’intérieur, la prévention repose sur la combinaison de finitions adaptées et de ventilation maîtrisée. Un mur qui a connu des remontées capillaires reste plus sensible aux excès d’humidité ambiante. Une mauvaise habitude, comme sécher du linge massivement dans une pièce sans aération, peut accélérer le retour de certains désordres. Les systèmes de ventilation mécanique, lorsqu’ils sont bien conçus et entretenus, contribuent à stabiliser l’hygrométrie et à prolonger les effets des travaux réalisés sur la maçonnerie.

Pour les collectivités et bailleurs, la question du suivi est centrale. Mettre en place une surveillance dans le temps sur un échantillon de bâtiments traités permet d’ajuster les cahiers des charges futurs. Combien de temps les murs mettent-ils à retrouver un taux d’humidité acceptable selon les matériaux et l’épaisseur ? Quelles finitions tiennent le mieux à cinq ou dix ans ? Ces retours d’expérience alimentent une expertise collective qui profite ensuite aux projets suivants, dans une logique d’amélioration continue.

La réhabilitation des murs humides par remontées capillaires ne se résume donc ni à une injection ponctuelle ni à une couche de peinture. Elle s’inscrit dans une démarche de gestion de l’eau, de qualité de l’air intérieur et de performance énergétique globale. En intégrant cette pathologie dans la réflexion sur le bâti existant, les acteurs de l’urbanisme et de l’immobilier renforcent la robustesse de leurs projets et évitent les effets de “rénovation cosmétique” qui masquent les causes sans les traiter.

Au final, un principe simple peut guider l’action : un mur sain est un mur qui peut sécher. Tout projet visant à éliminer l’humidité des murs doit respecter ce postulat, en coupant les remontées, en laissant l’eau résiduelle s’échapper et en organisant l’environnement du bâtiment pour qu’il ne redevienne pas une pompe permanente à eau souterraine.

Comment distinguer remontées capillaires et simple condensation sur les murs ?

Les remontées capillaires se manifestent surtout en bas de mur, avec des traces en vagues, des plinthes abîmées et souvent du salpêtre blanchâtre. La condensation apparaît plutôt sur les zones froides en hauteur ou derrière les meubles, sous forme de gouttelettes et de moisissures diffuses. Un diagnostic professionnel avec mesures d’humidité dans les matériaux permet de confirmer l’origine du problème avant de choisir un traitement.

Le traitement par injection suffit-il toujours à supprimer les remontées capillaires ?

L’injection d’un produit hydrofuge est efficace pour créer une barrière de capillarité dans de nombreux cas, mais elle doit être complétée par une bonne gestion des sels, des enduits respirants et, si besoin, par des travaux sur l’environnement extérieur (drainage, évacuation des eaux pluviales). Sans cette approche globale, les symptômes en surface peuvent réapparaître malgré une coupure de capillarité théoriquement en place.

Combien de temps faut-il pour qu’un mur sèche après traitement des remontées capillaires ?

La durée de séchage dépend de l’épaisseur du mur, de sa composition, du niveau d’humidité initial et des conditions de ventilation. On compte généralement plusieurs mois avant d’atteindre un taux d’humidité stabilisé, parfois davantage pour des murs très massifs. C’est pourquoi il est recommandé de différer les revêtements fermés et de choisir des finitions respirantes durant cette période.

Peut-on isoler un mur qui a été touché par des remontées capillaires ?

Oui, mais uniquement après avoir traité la cause des remontées et laissé le temps au mur de sécher. L’isolation par l’extérieur est souvent plus sûre, car elle maintient la maçonnerie dans des conditions thermiques stables. En isolation intérieure, le choix des matériaux, la présence d’un frein-vapeur adapté et la continuité de la ventilation sont essentiels pour éviter de recréer une zone humide cachée derrière le doublage.

Les remontées capillaires ont-elles un impact sur la performance énergétique du bâtiment ?

Un mur humide isole moins bien qu’un mur sec et peut augmenter les pertes de chaleur. L’évaporation permanente de l’eau consomme de l’énergie et refroidit la paroi, ce qui pousse parfois les occupants à surchauffer pour compenser. Traiter les remontées capillaires avant ou en parallèle d’une rénovation énergétique permet donc d’améliorer réellement la performance et le confort thermique, sans multiplier les épaisseurs d’isolant.

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