Dans une cuisine, le choix du revêtement mural conditionne autant le confort d’usage que la qualité de la décoration. Entre carrelage, peinture et crédence, les solutions ne manquent pas, mais toutes ne répondent pas de la même façon à l’humidité, à la chaleur et aux nettoyages répétés. Pour un maître d’ouvrage, un architecte d’intérieur ou un artisan, la question n’est plus seulement esthétique : il s’agit de concevoir un espace durable, simple à entretenir et cohérent avec un projet global de rénovation. L’enjeu est d’autant plus fort dans les cuisines ouvertes, devenues de véritables pièces de vie, où le mur ne se contente plus de protéger, il structure aussi le regard depuis le séjour.
Cette réflexion impose de raisonner par zones : derrière les plaques, autour de l’évier, le long du plan de travail, mais aussi sur les murs libres ou près du coin repas. Un matériau performant derrière une plaque gaz n’est pas forcément pertinent sur un mur calme où la couleur et la lumière priment. De nombreux projets montrent qu’une combinaison intelligente de carrelage technique, de peinture lessivable et de crédence ciblée permet d’optimiser les coûts sans sacrifier le confort. L’objectif n’est pas d’empiler les solutions, mais de les hiérarchiser : forte protection là où le mur est agressé, rendu décoratif maîtrisé partout ailleurs, en tenant compte de l’éclairage, du sol, du plan de travail et même du traitement de l’humidité existante.
En bref
- Raisonner par zones : adapter le revêtement mural en fonction des contraintes d’eau, de chaleur et de projections (évier, plaque, mur libre).
- Privilégier les surfaces peu poreuses sur les zones sensibles : grès cérame, verre, inox ou panneaux stratifiés limitent l’encrassement.
- Soigner joints et finitions : la qualité des joints, des profilés et des raccords conditionne la durabilité et l’esthétique de la cuisine.
- Combiner carrelage, peinture et crédence : concentrer le budget là où la performance est indispensable, rester plus léger ailleurs.
- Penser cohérence globale : harmoniser revêtement mural, plan de travail, sol, façades et éclairage pour une cuisine lisible et confortable.
Revêtement mural en cuisine : critères techniques pour résister à l’humidité, à la chaleur et au nettoyage
Avant de choisir un motif ou une couleur, un mur de cuisine doit affronter la réalité du quotidien : vapeur, micro-projections de graisse, chocs d’ustensiles, éclaboussures d’eau et nettoyages fréquents. Un support mal adapté finit par jaunir, cloquer ou se tacher de façon irréversible, même si le rendu initial semblait séduisant. La démarche la plus efficace consiste à analyser précisément les contraintes de chaque zone, puis à y associer un revêtement mural cuisine à la fois résistant et compatible avec le budget du projet.
Dans de nombreuses rénovations, les maîtrises d’ouvrage sous-estiment l’impact de l’humidité. Les cuissons longues, l’ouverture fréquente du lave-vaisselle ou du four et le fonctionnement d’une hotte insuffisante génèrent une condensation qui se dépose sur les murs. Si ceux-ci sont peu protégés ou trop poreux, ils absorbent progressivement graisse et vapeur. Les solutions de traitement de surface contre l’humidité décrites sur cette ressource dédiée montrent à quel point la préparation du support reste décisive avant toute pose de carrelage, de peinture ou de panneaux décoratifs.
Résistance à l’eau : suivre la “ligne d’éclaboussures”
Un repère pratique pour choisir le bon matériau consiste à tracer mentalement la “ligne d’éclaboussures” : cette bande située entre le plan de travail et les meubles hauts, incluant la zone derrière l’évier et les plaques de cuisson. Sur ces surfaces, une peinture même haut de gamme est souvent mise à rude épreuve. L’eau savonneuse, les sauces et les liquides sucrés laissent des traces s’ils ne sont pas essuyés immédiatement.
Dans un projet de cuisine familiale, une copropriété a par exemple opté pour une simple peinture lessivable derrière un évier double. En moins d’un an, le mur présentait des auréoles persistantes autour du mitigeur et des éclats de peinture au droit du rebord d’évier. La solution de reprise a consisté à poser une crédence stratifiée sur 60 cm de hauteur, en conservant la peinture en partie supérieure. Cette intervention illustre l’importance de réserver les surfaces les plus résistantes à la bande la plus exposée aux projections.
Chaleur et graisse : sécuriser la zone cuisson
Derrière les plaques, le mur subit des variations de température répétées et un dépôt gras quasi permanent. La conception doit tenir compte du type de cuisson : gaz, induction ou vitrocéramique. Avec le gaz, les flammes imposent un matériau non combustible et suffisamment éloigné des brûleurs. Le carrelage en grès cérame, le verre trempé ou l’inox offrent une excellente tenue, à condition que la pose respecte les prescriptions de sécurité des fabricants de plaques.
Dans une cuisine ouverte sur séjour, certaines équipes de conception choisissent une crédence toute hauteur en verre coloré derrière la zone cuisson. Le verre renvoie la lumière, valorise la ligne de meubles et simplifie le dégraissage. Toutefois, il impose un support parfaitement plan et l’anticipation des percements (prises, fixations). Cette rigueur en amont évite des réajustements coûteux en phase chantier.
Entretien courant : un critère de confort quotidien
Le confort d’usage se mesure rarement le jour de la pose, mais plusieurs mois plus tard. Un mur texturé ou très relief peut sembler spectaculaire, mais retient les dépôts gras et complique les opérations de nettoyage. De plus en plus de maîtres d’œuvre recommandent des surfaces lisses et peu poreuses sur les zones techniques, réservant les textures marquées aux murs plus calmes.
Pour gagner en lisibilité, certains bureaux d’études établissent un tableau comparatif des matériaux en fonction de la résistance à l’eau, à la chaleur et à l’entretien :
| Matériau mural cuisine | Résistance eau / graisse | Tenue à la chaleur | Facilité d’entretien | Usage conseillé |
|---|---|---|---|---|
| Grès cérame mural | Très élevée | Très élevée | Bonne (attention aux joints) | Crédence complète, fond de hotte, mur évier |
| Peinture lessivable satin | Moyenne | Moyenne (éloigner des plaques) | Bonne, si support bien préparé | Murs libres, coin repas, dessus de crédence |
| Verre trempé | Très élevée | Très élevée | Excellente (surface lisse, sans joints) | Fond de hotte, crédence continue |
| Inox brossé | Très élevée | Très élevée | Bonne (traces de doigts possibles) | Arrière des plaques, cuisine type pro |
| Panneau stratifié | Bonne | Correcte (à vérifier derrière gaz) | Bonne, peu de joints | Crédence économique, rénovation rapide |
Au final, un mur de cuisine résistant est d’abord un mur bien analysé. Plus le cahier des charges technique est clair, plus le choix esthétique peut s’exprimer sans compromis excessifs.

Carrelage mural cuisine : choisir formats, finitions et joints pour une déco durable
Le carrelage mural de cuisine reste un incontournable pour les projets où la durabilité et la facilité d’entretien priment. Il n’a toutefois plus grand-chose à voir avec les faïences uniformes des années 1990. Les gammes actuelles proposent des imitations pierre, béton, terre cuite ou zellige, ainsi que des formats variés permettant de travailler des calepinages contemporains. L’enjeu pour les prescripteurs est de transformer cet atout technique en véritable levier de design intérieur, sans transformer la cuisine en volume “sanitaire”.
Sur le terrain, deux questions reviennent régulièrement : quelle famille de céramique retenir et quel format privilégier pour concilier esthétique et entretien ? Les réponses dépendront de la taille de la pièce, de la hauteur des meubles hauts, de la présence d’une fenêtre, mais aussi du style recherché : minimal, chaleureux, artisanal, industriel, etc.
Grès cérame, faïence, zellige : quel matériau céramique en cuisine ?
Le grès cérame est aujourd’hui le matériau le plus largement employé en cuisine. Très dense, peu poreux, il supporte sans difficulté les variations de température et les nettoyages répétés, y compris avec des détergents modérés. Il se décline en épaisseur réduite pour les murs, facilitant la pose sans surcharge excessive sur les parois existantes, notamment en rénovation légère.
La faïence murale offre une alternative intéressante, surtout pour des projets où la brillance et la couleur sont recherchées. Ses émaux profonds apportent une vraie richesse visuelle, mais certaines gammes se révèlent plus fragiles aux chocs. Le zellige, ou ses interprétations industrielles, séduit par son caractère irrégulier et la vibration de la lumière sur chaque carreau. Dans une cuisine ouverte, un pan de mur en zellige clair peut devenir le point focal de la pièce, à condition d’accepter un entretien légèrement plus exigeant autour des joints.
Formats et calepinage : impact sur l’espace et sur la maintenance
Le choix du format de carrelage influence directement la perception de la cuisine. Les grands formats rectangulaires posés à l’horizontale allongent visuellement les murs et réduisent le nombre de joints. À l’inverse, des carreaux de petite taille permettent des motifs plus complexes (chevrons, pose en échelle, cabochons), mais augmentent mécaniquement les surfaces jointoyées.
Dans un appartement urbain aux murs légèrement irréguliers, un architecte a par exemple choisi un carreau de type “métro” de 10 x 20 cm, posé en quinconce, uniquement sur la bande entre plan de travail et meubles hauts. Malgré la multiplication des joints, l’entretien est resté satisfaisant grâce à un joint légèrement grisé et à une hotte performante. Ce type de configuration montre qu’il n’existe pas de réponse unique, mais des arbitrages à faire entre expression décorative, état du support et fréquence de cuisson.
Joints, profilés et finitions : des détails qui changent tout
En cuisine, la qualité d’un revêtement mural carrelé se lit souvent dans le traitement des joints et des abouts. Un joint trop clair jaunit plus vite autour de la plaque ou du robinet. Un joint trop foncé peut alourdir visuellement un carrelage déjà sombre. Les formulations à performance renforcée, voire époxy sur les zones particulièrement exposées, réduisent sensiblement la porosité et donc le risque de taches incrustées.
Les profilés aluminium ou acier à la jonction des chants (retour de mur, fin de crédence, angle sortant) assurent une transition nette entre le carrelage et la peinture. Ils évitent les éclats et facilitent le nettoyage des zones d’angle. Dans une logique de rénovation maîtrisée, certains maîtres d’ouvrage concentrent le carrelage sur la seule zone de crédence, en terminant proprement par un profilé, tout en conservant de la peinture au-dessus. Ce choix limite les coûts tout en offrant une vraie robustesse là où elle est indispensable.
Pour ceux qui souhaitent introduire un esprit plus minéral sans recourir à un carrelage pleine hauteur, l’intégration de fausses pierres sur un pan de mur peut constituer un compromis intéressant, comme le détaille cette analyse sur les parements décoratifs. Positionnées à distance de la zone la plus exposée, ces finitions apportent du relief sans compromettre l’entretien du cœur de la cuisine.
Traité avec méthode, le carrelage mural devient donc une véritable colonne vertébrale technique de la cuisine, autour de laquelle viendront s’articuler peinture et crédence.
Peinture murale cuisine : formules, couleurs et préparation pour un rendu performant
La peinture murale en cuisine est souvent la solution privilégiée pour maîtriser les coûts et conserver une capacité d’évolution rapide. Elle permet de renouveler l’ambiance sans engager de travaux lourds, ce qui séduit autant les particuliers que les gestionnaires de patrimoine locatif. Toutefois, peindre une cuisine ne se résume pas à appliquer une peinture standard. Il s’agit de choisir une formulation adaptée à l’humidité, de préparer sérieusement le support et de définir une palette cohérente avec les autres matériaux.
Dans les projets de rénovation globale, la peinture joue fréquemment le rôle de liant visuel entre les pièces, notamment lorsque la cuisine est ouverte sur le séjour. L’harmonie avec les teintes du salon, l’éclairage LED et le sol conditionne le ressenti d’ensemble. Un mur de cuisine trop blanc et trop froid peut contraster brutalement avec un séjour chaleureux. À l’inverse, un ton légèrement grisé ou sable adoucit la transition.
Choisir la bonne finition : mat, velours, satin en situation réelle
Les peintures mates, très appréciées en architecture intérieure pour leur rendu feutré, s’avèrent parfois délicates en cuisine. Certaines marques proposent des mats “profonds” mais lavables ; d’autres limiteront leur usage aux zones peu sollicitées. En pratique, le finition satinée ou velours lessivable reste le choix le plus robuste pour les murs proches des zones de circulation ou des poignées de portes.
Un mur de retour, souvent touché en passant, gagne nettement à être protégé par une peinture satinée. Les traces de doigts et de sacs s’effacent plus facilement, sans laisser de marques de reprise. À distance de l’évier et des plaques, cette finition offre un bon compromis entre résistance et confort visuel, notamment sous un éclairage LED indirect, tel que préconisé dans les recommandations d’éclairage LED résidentiel.
Préparation du support : condition indispensable à la durabilité
Dans les cuisines existantes, les murs sont fréquemment couverts d’un voile de graisse invisible accumulé au fil des années. Si ce film n’est pas éliminé, la nouvelle peinture risque de mal adhérer, de cloquer ou de marquer rapidement. La séquence optimale associe dégraissage, rinçage, séchage, réparation des défauts (fissures, trous), puis application d’une sous-couche adaptée au support (plâtre, plaque de plâtre, ancien carrelage, etc.).
Sur des supports déjà revêtus de lambris ou de boiseries, certains maîtres d’ouvrage choisissent de conserver l’existant en le peignant plutôt que de tout déposer. Les bonnes pratiques pour peindre un lambris et obtenir une surface homogène sont décrites dans plusieurs guides spécialisés, dont ce retour d’expérience sur la mise en peinture des lambris. Cette approche offre un levier intéressant pour transformer une cuisine datée en espace contemporain, sans changer de structure.
Couleurs, perception de l’espace et cohérence avec la crédence
Le choix des couleurs a un impact direct sur la perception de la taille, de la luminosité et de la température visuelle de la cuisine. Les teintes claires, légèrement cassées (blanc cassé, lin, sable, gris perle), agrandissent l’espace et reflètent mieux la lumière naturelle. Des analyses récentes sur l’usage des gris clairs en cuisine, comme celles présentées sur cette étude de cas, montrent qu’ils constituent un excellent socle neutre pour accueillir une crédence plus expressive.
Les couleurs plus soutenues (bleu nuit, vert forêt, terracotta) créent des ambiances chaleureuses, à condition de ne pas les appliquer sur tous les murs. Une stratégie fréquente consiste à réserver la teinte forte au mur du coin repas ou à un pan visible depuis le séjour, tout en conservant un ton plus clair autour du plan de travail. La crédence fait alors la liaison : neutre pour calmer un mur déjà coloré, ou graphique pour dynamiser un ensemble très sobre.
En résumé, la peinture est un levier puissant pour ajuster l’ambiance de la cuisine, à condition d’être associée à des matériaux plus techniques sur les zones à risque.
Crédence cuisine : carrelage, verre, inox ou stratifié pour une protection ciblée et décorative
Au cœur de la réflexion sur le revêtement mural en cuisine, la crédence occupe une place à part. C’est elle qui concentre les contraintes maximum (chaleur, eau, graisse) et qui reste dans le champ de vision direct, notamment dans les cuisines ouvertes. Une crédence bien conçue permet souvent de limiter le recours au carrelage pleine hauteur, tout en sécurisant l’usage quotidien. Elle fait le lien entre le plan de travail, les meubles, l’électroménager et la peinture murale.
Les solutions disponibles se sont nettement diversifiées. Outre le carrelage classique, les maîtres d’œuvre disposent de crédences en verre trempé, en inox brossé, en stratifié compact, en résine ou en panneaux composites. Chaque option dispose de ses avantages et de ses limites, tant sur le plan technique que sur le plan esthétique.
Carrelage, verre, inox, stratifié : comment choisir ?
La crédence carrelée reste le choix le plus courant, notamment lorsqu’un carrelage est déjà prévu au sol ou sur d’autres parois. Elle offre une continuité visuelle et une bonne résistance, au prix d’un entretien régulier des joints. Une variante consiste à combiner un fond de hotte en matériau lisse (verre ou inox) avec des carreaux sur le reste de la crédence, afin de limiter l’encrassement au niveau le plus exposé.
Le verre trempé s’impose dans les projets où une surface totalement lisse et facilement essuyable est recherchée. Il se prête bien aux cuisines minimalistes, avec une teinte unie ou un décor imprimé. L’inox brossé évoque quant à lui le monde de la restauration professionnelle et se marie bien avec des équipements en acier. Le stratifié compact ou les panneaux décoratifs permettent des rénovations rapides : ils se posent parfois sur un ancien carrelage après préparation adéquate, offrant un effet pierre, béton ou terrazzo pour un coût maîtrisé.
Hauteur et périmètre : où s’arrête la crédence ?
Historiquement limitée à 15 ou 20 cm de hauteur, la crédence moderne couvre le plus souvent l’intégralité de la bande entre plan de travail et meubles hauts. Cette configuration protège efficacement les murs au droit de la préparation culinaire. Dans les cuisines sans meubles hauts, la crédence peut monter jusqu’à 70 ou 80 cm, ou même jusqu’à la hotte derrière les plaques, dessinant une sorte de “panneau technique” vertical.
Les concepteurs ont intérêt à cartographier précisément les zones à protéger : évier, plaque, coin café (bouilloire, machine à expresso), niches ouvertes, etc. Cette cartographie oriente la hauteur et la longueur de la crédence. Dans certains projets, un simple retour carrelé de 30 cm derrière l’évier, combiné à une crédence pleine hauteur derrière la plaque, suffit à garantir le confort d’usage sans recouvrir tous les murs.
Coordonner la crédence avec les équipements et l’éclairage
La crédence doit être pensée conjointement avec le positionnement des prises électriques, des interrupteurs, des étagères et des barres de crédence. Anticiper ces éléments évite des découpes délicates dans le verre ou dans les grands carreaux. La cohérence avec l’éclairage joue également un rôle important : un bandeau LED sous meubles hauts, orienté vers le plan de travail, mettra en valeur une crédence texturée, tandis qu’un ruban continu valorisera mieux une surface lisse et brillante.
Dans une cuisine ouverte, beaucoup de maîtres d’ouvrage testent désormais l’impact visuel de la crédence depuis le salon avant de figer leur choix. La couleur, la brillance et le rythme des joints modifient significativement la perception du volume global. Une crédence claire et uniforme calme l’espace, tandis qu’un motif fort crée un véritable arrière-plan graphique pour la pièce de vie.
Lorsque la crédence est correctement dimensionnée et coordonnée, elle devient la pièce maîtresse qui permet au carrelage et à la peinture de jouer pleinement leur rôle, sans excès de précaution ni surenchère matérielle.
Composer carrelage, peinture et crédence : méthodes pour une cuisine harmonieuse et facile à vivre
La plupart des projets ne se résument pas à un seul revêtement mural. Les cuisines les plus abouties combinent carrelage, peinture et crédence de manière complémentaire, en répartissant clairement les fonctions : protéger, structurer, décorer. Cette approche par “rôles” permet de concilier les impératifs de performance avec des enjeux de budget, de délai et de réversibilité, notamment dans les programmes de rénovation progressive de logements ou de résidences gérées.
Un fil conducteur se dégage : limiter le nombre de matières visibles tout en jouant sur les contrastes de texture et de teinte. Trois grandes familles suffisent généralement pour construire un ensemble lisible : un matériau de sol, un matériau de plan de travail, un système de revêtement mural combinant crédence technique et peinture.
Créer des zones : technique, circulation, repas
Dans les projets étudiés par de nombreux bureaux d’urbanisme et de design, la cuisine est souvent décomposée en trois sous-espaces : la zone technique (évier, plaques, plan de travail principal), la zone de circulation (passage, retours de murs, dégagement vers l’entrée) et la zone repas (îlot, bar ou coin table). Chacune appelle des choix de revêtement mural différents.
La zone technique bénéficie pleinement d’un carrelage ou d’une crédence résistante, tandis que la zone de circulation peut se contenter d’une peinture satinée cohérente avec le reste du logement. La zone repas devient un espace plus décoratif, où une teinte profonde, un tableau ou une étagère peut prendre place. Cette hiérarchisation évite de recouvrir inutilement tous les murs d’un matériau coûteux et renforce la lisibilité des fonctions.
Limiter les matières pour éviter l’effet patchwork
Un écueil fréquent dans les rénovations partielles est la multiplication des matières : carrelage imitation béton, plan de travail aspect marbre, façades en bois structuré, crédence à motif, mur coloré, sol graphique, etc. L’ensemble perd en cohérence, et la maintenance visuelle devient plus complexe. Une règle pragmatique consiste à se limiter à trois grandes familles de textures : bois, minéral, lisse coloré.
Par exemple, une cuisine avec façades bois clair, plan de travail minéral effet pierre et sol neutre gagne à adopter un mur peint dans une teinte douce et une crédence carrelée ton sur ton. À l’inverse, une cuisine blanche minimaliste peut accueillir une crédence très graphique, à condition que le sol reste calme. Ce travail d’édition des matières rejoint les principes plus larges de rénovation raisonnée de l’habitat, régulièrement mis en avant dans les analyses de rénovation de maison centrées sur la sobriété et la cohérence.
Cas pratique : une rénovation en deux temps
Dans un immeuble des années 1980, une cuisine fermée et carrelée du sol au plafond devait être modernisée sans plonger le logement dans un chantier trop long. La première phase de travaux a consisté à déposer uniquement le carrelage mural autour de la zone technique, à poser une crédence en grès cérame sur 65 cm de hauteur, puis à repeindre l’ensemble des murs libres dans un gris très clair. La lumière a immédiatement gagné en qualité et la cuisine a retrouvé des volumes plus agréables.
La seconde phase, programmée un an plus tard, a porté sur le sol et sur une ouverture partielle de cloison vers le séjour, avec intégration d’un retour de bar. La cohérence des teintes murales a facilité cette évolution : la crédence est restée en place et a servi de repère pour le choix du nouveau sol. Ce type de scénario illustre l’intérêt de décisions robustes et modulables sur les revêtements muraux de cuisine.
Au terme de cette démarche, la cuisine devient un espace de travail et de convivialité où chaque matériau a une raison d’être. Le mur n’y est plus seulement une surface à habiller, mais un support technique et esthétique au service d’un usage clair.
Quel revêtement mural privilégier derrière une plaque de cuisson ?
Derrière une plaque de cuisson, la priorité va à la résistance à la chaleur et à la graisse. Le grès cérame, le verre trempé et l’inox brossé sont des valeurs sûres, car ils ne se déforment pas et supportent des nettoyages fréquents. Sur une plaque gaz, il est recommandé de vérifier les distances minimales aux matériaux combustibles et d’éviter la simple peinture, même lessivable, juste dans le dosseret immédiat. Sur une induction ou une vitrocéramique, une peinture reste envisageable à proximité, mais un fond de hotte minéral ou en verre facilite nettement l’entretien à long terme.
Une peinture lessivable suffit-elle pour tous les murs de la cuisine ?
Une peinture lessivable adaptée aux pièces humides peut suffire sur les murs peu exposés : coin repas, retours de cloison, murs opposés à l’évier et aux plaques. En revanche, dans les zones soumises à des projections régulières d’eau ou de graisse, une crédence en carrelage, verre, inox ou panneau stratifié reste plus confortable. La peinture retrouve alors son rôle principal : structurer l’espace et harmoniser la cuisine avec le reste du logement, plutôt que de servir de protection sacrificielle.
Carrelage mural cuisine : grand format ou petits carreaux, que choisir pour l’entretien ?
Les grands formats présentent moins de joints et sont donc plus faciles à dégraisser, notamment derrière les plaques. Ils exigent toutefois des supports très plans et des coupes précises. Les petits carreaux, type carreaux de métro ou mosaïques, permettent plus de jeux graphiques et s’accommodent mieux des légers défauts de planéité, mais multiplient les joints. Pour une cuisine très utilisée, beaucoup de professionnels privilégient un grand format ou un format moyen en zone cuisson, et réservent les petits carreaux à un pan de mur plus décoratif ou à un îlot éloigné des projections.
Comment limiter le jaunissement des joints de carrelage en cuisine ?
La première action consiste à choisir un joint adapté : teinte légèrement grisée ou sable sur les zones très sollicitées, formulation anti-taches ou résineuse selon les contraintes. Ensuite, une hotte efficace, bien dimensionnée, réduit la condensation grasse. Un essuyage rapide en cas de projection et un entretien régulier avec des produits non agressifs limitent aussi le jaunissement. Enfin, dans les projets neufs, certains maîtres d’ouvrage prévoient un joint plus technique uniquement sur la bande la plus exposée (fond de hotte, arrière d’évier), et un joint standard ailleurs pour optimiser le budget.
Peut-on mixer plusieurs revêtements muraux dans une petite cuisine sans l’alourdir ?
Oui, à condition de limiter le nombre de matières et de couleurs. Une combinaison fréquente et efficace associe un sol neutre, une crédence en carrelage ou en verre uniquement sur la zone technique, et une peinture claire sur le reste des murs. L’important est de garder une cohérence de teintes entre façades, plan de travail et revêtements muraux, en évitant d’introduire plus de trois grandes familles de textures. Ce parti pris permet d’apporter de la profondeur sans créer d’effet patchwork, même dans un espace réduit.


