Sous l’effet combiné de la transition énergétique, du vieillissement de la population et de la montée des exigences réglementaires, le simple seuil de porte d’entrée devient un véritable élément de performance du bâti. Il ne s’agit plus seulement d’une bande de métal ou de bois posée au sol, mais d’une interface technique qui conditionne l’étanchéité à l’air et à l’eau, l’accessibilité des personnes à mobilité réduite et la durabilité de l’entrée. Dans une maison rénovée comme dans un logement neuf, un seuil mal choisi laisse passer le froid, l’humidité et les nuisibles, crée des risques de chute et fragilise la continuité des revêtements. À l’inverse, un seuil bien dimensionné, cohérent avec la porte, le sol et l’exposition, améliore concrètement le confort thermique et la qualité de vie au quotidien.
Beaucoup de projets se concentrent sur les menuiseries, l’isolation des murs ou la régulation du chauffage, et relèguent encore le seuil au rang des détails. Sur le terrain, cette approche se paye rapidement : traces d’infiltration après un épisode de pluie intense, sensation de courant d’air au pied de la porte, désordres de carrelage ou de parquet au droit de l’entrée, impossibilité de passer une poussette sans lever la roue. Les retours d’expérience montrent au contraire qu’un seuil d’entrée bien anticipé est l’un des meilleurs alliés d’un habitat sobre, confortable et accessible. Choisir le bon modèle suppose toutefois de croiser plusieurs paramètres : matériau, hauteur, normes d’accessibilité, fréquence de passage, climat, type de rénovation et ambition esthétique. Ce guide propose un parcours structuré pour aider à décider avec méthode, en s’appuyant sur la réalité des chantiers plutôt que sur les catalogues.
En bref
- Le seuil de porte d’entrée est un organe technique qui participe directement à l’isolation thermique, à l’étanchéité à l’eau et au confort acoustique de l’entrée.
- L’accessibilité devient centrale : privilégier les seuils bas ou PMR permet de sécuriser les usages quotidiens (poussettes, personnes âgées, fauteuils roulants) sans renoncer à l’esthétique.
- Le choix du matériau (alu, PVC, bois, inox, seuil chauffant) doit intégrer exposition, climat, style architectural et capacité d’entretien sur la durée.
- La pose conditionne 50 % du résultat : support plan, gestion des niveaux, qualité des joints et réglage de la porte sont décisifs pour éviter infiltrations et ponts thermiques.
- Un seuil bien sélectionné valorise l’entrée en assurant une transition fluide entre intérieur et extérieur, en cohérence avec les revêtements et la façade.
Seuil de porte d’entrée et performance énergétique : un petit élément à fort impact
Dans un projet de rénovation ou de construction orienté vers la sobriété énergétique, la ligne de jonction entre la porte et le sol concentre plusieurs vulnérabilités. C’est un point où se rencontrent matériaux différents, discontinuités d’isolation et contraintes climatiques. Un jour de 3 à 4 mm sous une porte peut suffire à générer une fuite d’air quasi permanente, difficile à compenser même avec une bonne isolation des parois. Les propriétaires qui se plaignent d’avoir froid “au niveau des pieds”, malgré des radiateurs correctement dimensionnés, sont souvent confrontés à ce défaut discret mais déterminant.
La fonction première du seuil est d’agir comme une barrière thermique et climatique. Il limite les échanges d’air entre l’intérieur chauffé ou rafraîchi et l’extérieur, en complément des joints périphériques de la porte. Dans une maison bien isolée, l’effet d’un seuil performant se mesure autant sur la facture énergétique que sur le confort perçu : moins de courants d’air, température plus homogène dans l’entrée, disparition de cette sensation de “fuite de chaleur” chaque fois que l’on s’approche de la porte.
Les études de comportement de l’air dans le bâtiment montrent que les zones basses, proches du sol, sont particulièrement sensibles aux mouvements de convection. L’air froid extérieur s’infiltre volontiers par les moindres interstices au niveau du seuil, surtout en façade exposée au vent. Un seuil en aluminium avec rupture de pont thermique, correctement jointoyé et complété par un joint automatique en pied de porte, peut réduire de façon significative ces infiltrations. L’enjeu n’est pas seulement énergétique : un air froid et humide concentré près du sol favorise les sensations d’inconfort, même si la température de l’air ambiant reste correcte.
Le seuil joue aussi un rôle de protection contre l’eau. Lors d’épisodes de pluie battante, l’eau ruisselle sur la terrasse ou le perron et vient frapper la jonction porte/sol. Sans ressaut adapté ni pente maîtrisée, elle peut s’infiltrer par capillarité sous la porte, provoquer des gonflements de bois, des décollements de carrelage ou l’apparition de moisissures dans le bas du dormant. Les retours d’expérience en zone littorale ou en climat océanique sont très clairs : un seuil sous-dimensionné sur une entrée fortement exposée finit presque toujours par générer des désordres.
La dimension acoustique est souvent sous-estimée. Dans les rues animées, à proximité d’un axe de circulation ou d’un établissement scolaire, l’espace périphérique de la porte laisse passer une partie des bruits extérieurs. Un seuil intégrant des joints à lèvre de qualité participe à l’isolation phonique de l’entrée, en complément du vitrage et du châssis. Sur un logement situé au rez-de-chaussée d’un immeuble, à proximité des espaces communs, cette attention peut faire la différence entre un hall bruyant et un sas véritablement protecteur.
Pour donner des repères concrets, il est utile de comparer les grandes familles de seuils sous l’angle des performances énergétiques et climatiques.
| Type de seuil | Isolation thermique | Étanchéité à l’air et à l’eau | Contexte le plus adapté |
|---|---|---|---|
| Aluminium avec rupture de pont thermique | Très bonne sur le pied de porte | Excellente en façade exposée | Entrées principales, climat venté ou humide |
| PVC renforcé | Bonne, compatible maisons courantes | Bonne si joints de qualité | Pavillons récents, budgets maîtrisés |
| Bois massif | Correcte, dépend de l’essence | Moyenne, nécessite entretien | Entrées abritées, maisons de caractère |
| Inox | Moyenne à bonne selon assemblage | Très bonne, matériau inoxydable | Zones très exposées, ambiance contemporaine |
| Seuil chauffant | Excellente sensation locale | Bonne, limite condensation | Régions froides, entrées peu ensoleillées |
Dans les projets où chaque kWh compte, le seuil doit être pensé comme un complément cohérent des autres travaux : remplacement des menuiseries, amélioration de la ventilation, traitement des ponts thermiques de dalle. C’est cette cohérence d’ensemble qui permet à l’habitat de rester performant dans la durée, et non un équipement isolé choisi au hasard.

Hauteur de seuil, normes PMR et accessibilité de la porte d’entrée
Au-delà de l’énergie, la question du franchissement du seuil est devenue centrale. L’évolution démographique, avec une population plus âgée et des situations de handicap variées, impose de considérer l’entrée comme un lieu à usage intensif pour tous les profils d’occupants. Même dans une maison individuelle où aucune personne n’est actuellement en fauteuil, il suffit d’un accident, d’une naissance ou de l’accueil régulier d’un proche âgé pour transformer un ressaut banal en obstacle majeur.
Les bonnes pratiques en matière d’accessibilité encouragent des seuils plats ou très bas. Dans beaucoup de projets, le ressaut objectif n’excède pas 20 mm, avec une forme chanfreinée qui accompagne la roue plutôt que de l’arrêter. Des solutions spécifiques de seuils PMR en aluminium ou en composite permettent de conserver une bonne étanchéité tout en réduisant fortement la hauteur à franchir. La forme compte autant que la cote : une arête vive de 2 cm peut être plus gênante qu’un profil arrondi de 2,5 cm.
Dans le cas d’Amélie et Karim, qui rénovent une maison des années 1970 pour y installer un bureau à domicile accessible aux clients, le choix s’est porté sur un seuil PMR aluminium avec une légère pente intégrée. Leur objectif n’était pas de répondre à un label, mais d’anticiper la venue d’une clientèle variée, y compris en fauteuil. Cette anticipation a aussi rendu le quotidien plus fluide avec la poussette de leur enfant et la gestion des livraisons volumineuses.
La question du seuil rejoint directement celle des revêtements de sol. À l’extérieur, perron en béton désactivé, terrasse carrelée ou platelage bois n’ont pas les mêmes épaisseurs ni les mêmes tolérances. À l’intérieur, parquet flottant, carrelage ou sol souple introduisent des différences de niveau. Sans anticipation, le seuil devient un point de rattrapage improvisé, souvent à l’origine de petites marches ou de barres disgracieuses. Travailler les niveaux en amont permet au contraire de concevoir une transition douce, où le seuil fait le lien sans rupture brusque.
Plusieurs solutions existent pour adapter finement le franchissement :
- Seuil PMR bas : ressaut minimal et profil arrondi, intégré dès la conception de la porte.
- Barre de seuil inclinée : pièce rapportée qui compense une différence de niveau limitée entre deux revêtements.
- Seuil encastré : solution plus lourde, où le seuil est intégré dans la chape pour disparaître visuellement.
- Rampe amovible : dispositif temporaire pour l’accueil ponctuel d’une personne en fauteuil.
Dans les maisons appelées à être habitées longtemps par les mêmes occupants, la stratégie la plus pertinente consiste à viser une accessibilité évolutive. C’est ce qu’ont choisi Claire et Bruno, quinquagénaires rénovant un pavillon des années 1980. En remplaçant un ancien seuil béton de près de 4 cm par un seuil bas aluminium et une barre de transition intérieure discrète, ils ont gagné en confort immédiat pour leurs parents âgés, tout en améliorant l’étanchéité de la porte. Le surcoût par rapport à un seuil standard était marginal, au regard du gain d’usage.
Une autre dimension d’accessibilité concerne la sécurité en conditions dégradées : pluie, neige, gel, obscurité. Un seuil antidérapant, bien éclairé et sans ressaut agressif limite le risque de chute lors des allers-retours nocturnes ou des hivers rigoureux. L’ajout d’une source lumineuse basse, intégrée à la façade ou au sol, améliore la perception de la marche éventuelle et met en valeur le travail sur la transition intérieur/extérieur.
En définitive, concevoir un seuil accessible revient à accepter une idée simple : la maison ne se vit pas seulement en plan, mais en mouvement. Penser le geste de franchir la porte, poussette, sac de courses ou fauteuil à la main, est le moyen le plus sûr d’orienter le choix vers des solutions de seuil réellement utilisables par tous.
Matériaux de seuil de porte d’entrée : arbitrer entre durabilité, climat et esthétique
Le choix du matériau est souvent l’aspect le plus visible du seuil, et pourtant, il dépasse largement la seule apparence. Chaque matériau réagit différemment aux sollicitations quotidiennes : variations de température, ruissellement, chocs, passages répétés, poussières, sels de déneigement ou embruns marins. La sélection doit donc articuler trois dimensions : résistance aux agressions climatiques, compatibilité esthétique avec la façade et la porte, et niveau d’entretien acceptable pour les occupants.
Le bois reste apprécié sur les maisons anciennes ou les architectures qui valorisent une ambiance chaleureuse. Utilisé en seuil, il offre un contact agréable, une intégration naturelle avec les menuiseries et un dessin qui accompagne bien les pierres ou les tomettes. Sa limite principale réside dans sa sensibilité à l’humidité et aux insectes xylophages. Dans une entrée non protégée, répétition des pluies et stagnation de l’eau peuvent rapidement entraîner gonflements, fissures et attaques de vrillettes. Choisir un bois durable, bien traité, et planifier un entretien régulier par lasure ou huile devient alors indispensable.
L’aluminium s’est imposé comme un standard sur de nombreuses portes contemporaines. Léger, stable, insensible à la rouille, il résiste bien aux chocs et se prête aux designs fins qui s’accordent aux profilés de menuiseries modernes. Lorsqu’il est doté d’une rupture de pont thermique, il limite la sensation de froid au pied de la porte. Une simple eau savonneuse suffit généralement à l’entretenir. C’est un choix logique pour les façades exposées, les climats contrastés ou les maisons où le temps disponible pour l’entretien est limité.
Le PVC se positionne comme une solution économique, souvent proposée en standard avec des portes d’entrée de gamme courante. Étanche, stable dans le temps, il s’harmonise bien avec les menuiseries en PVC et les façades de pavillons récents. Ses limites se situent davantage sur le plan esthétique (aspect parfois moins noble) et sur le risque de jaunissement en cas d’exposition solaire intense. Une vigilance sur la qualité du produit d’origine et sur la présence de joints adaptés est alors déterminante.
L’inox occupe une place spécifique dans les projets architecturaux où l’on recherche une expression contemporaine forte. Très résistant à la corrosion, y compris en bord de mer, il supporte bien les passages répétés et les chocs. Sa surface peut toutefois marquer davantage visuellement (traces, rayures), ce qui impose de choisir la bonne finition (brossée plutôt que miroir, par exemple) selon l’usage. Il trouve sa meilleure place sur des entrées très exposées, où sa robustesse justifie l’investissement initial.
Enfin, les solutions de seuil chauffant restent minoritaires mais répondent à des situations particulières : régions de montagne, entrées très froides ou exposées au nord, maisons passives dont l’enveloppe est très performante mais où la sensation de froid au sol persiste ponctuellement. Le principe repose sur un élément chauffant intégré, qui maintient une température douce au niveau du seuil, limite la condensation et améliore le confort lors du passage. Ce système doit toutefois s’intégrer dans une réflexion plus globale sur la maîtrise des consommations.
Pour comparer rapidement ces options, quelques critères clés peuvent guider la décision :
- Exposition et climat : pluies fréquentes, embruns marins, gel, amplitude thermique.
- Style architectural : maison ancienne, architecture contemporaine, pavillon standard, bardage bois.
- Capacité d’entretien : entretien annuel possible ou non, habitude de traiter le bois, souhait de matériaux “sans souci”.
- Durée de vie attendue : projet de courte durée, résidence principale à long terme, bien locatif.
Dans le cas d’une maison en pierre rénovée en zone rurale, avec un fort parti pris patrimonial, un seuil bois bien traité, associé à une porte en bois massif et à un dallage en pierre, donnera une cohérence d’ensemble difficile à obtenir avec un seuil PVC. À l’inverse, sur un pavillon contemporain blanc avec menuiseries anthracite, un seuil aluminium ou inox brossé s’intégrera naturellement au langage architectural tout en garantissant une bonne tenue dans le temps.
La question essentielle à se poser reste la suivante : le matériau choisi est-il compatible avec la manière dont la maison est réellement utilisée et entretenue ? C’est cette adéquation entre usage, climat et esthétique qui fait la pertinence du seuil, et non une hiérarchie théorique entre matériaux “nobles” et “ordinaires”.
Pose, réglage et étanchéité du seuil de porte d’entrée : maîtriser la mise en œuvre
Un seuil de qualité, mal posé, produit les mêmes effets qu’un produit médiocre. Sur les chantiers, la différence se joue souvent dans la préparation du support et la gestion des niveaux. La zone de la porte concentre des interventions multiples : maçonnerie, menuiserie, revêtements de sol, parfois électricité pour l’éclairage d’entrée. Si le planning ou la coordination sont approximatifs, le seuil devient un point de rattrapage empirique, avec des cales hétéroclites, des joints improvisés et des raccords de revêtements fragiles.
La première étape consiste à assainir et préparer le support. Le sol doit être propre, sec, plan et stable. En rénovation, cela implique parfois de déposer un ancien carrelage, de reprendre une chape fissurée ou de corriger une pente qui renvoie l’eau vers la porte. Un contrôle au niveau à bulle permet de vérifier la planéité, en gardant à l’esprit qu’une légère pente vers l’extérieur est souhaitable selon la configuration. L’objectif est de créer une assise continue, capable de reprendre le poids de la porte et les efforts liés aux passages répétés.
Vient ensuite la phase de repérage des niveaux finis. Installer un seuil sans tenir compte de l’épaisseur des revêtements futurs revient à poser un problème différé. Il est essentiel de connaître la nature et l’épaisseur du carrelage, du parquet ou du sol souple intérieur, ainsi que du revêtement extérieur (dallage, terrasse, béton désactivé). Ces données permettent de positionner le seuil à la bonne hauteur, en anticipant le rattrapage des niveaux et la continuité des pentes. C’est cette anticipation qui évite les marches non prévues et les barres de seuil imposées par défaut.
La fixation du seuil dépend du support et du type de produit : vissage sur béton avec chevilles adaptées, ancrage sur ossature métallique, collage sur support préparé. Quelle que soit la méthode, l’objectif est double : stabilité mécanique et absence de jeu. Les cales ponctuelles, laissées sans continuité, créent des zones de faiblesse où le seuil peut se déformer, générer des craquements ou se fissurer sous l’effet des passages. La recherche d’un appui uniforme est un principe de base à respecter.
L’étanchéité se joue dans les détails. Les joints périphériques doivent être choisis pour résister au piétinement, aux UV et aux variations climatiques. Un mastic inadapté ou mal appliqué (discontinu, trop fin, posé sur un support non préparé) perd rapidement son efficacité. À l’interface avec la façade, la reprise d’étanchéité peut nécessiter des relevés ou des bavettes, surtout sur des maisons anciennes où la jonction entre le dormant de la porte et la maçonnerie n’est pas parfaitement régulière.
Pour mieux visualiser les enjeux, il est utile de mettre en regard quelques gestes et erreurs fréquentes :
| Geste ou outil | Rôle dans la pose | Erreur courante à éviter |
|---|---|---|
| Niveau à bulle | Contrôler planéité et pentes | Accepter une pente vers l’intérieur du logement |
| Perceuse / visseuse | Assurer une fixation durable | Utiliser des vis trop courtes ou non adaptées au support |
| Mastic d’étanchéité | Garantir l’étanchéité air/eau | Appliquer sur support sale ou humide, joint discontinu |
| Mètre ruban | Reporter les niveaux de sols finis | Oublier l’épaisseur réelle des revêtements et sous-couches |
Le dernier temps est celui du réglage de la porte. Même avec un seuil parfaitement en place, une porte mal réglée (jeu insuffisant, pression excessive sur les joints, affaissement de l’ouvrant) nuira au fonctionnement et à l’étanchéité. Les menuiseries récentes permettent un réglage fin en hauteur, en compression et parfois en profondeur. Ce réglage doit être réalisé une fois les revêtements et le seuil en place, en testant la fermeture à différents rythmes et avec différents usagers.
Dans la durée, un contrôle visuel régulier permet de détecter les signaux faibles : apparition de microfissures, décollement de joint, traces d’humidité récurrentes, zones de moisissures. Intervenir tôt évite d’atteindre le stade où l’eau a déjà migré sous la chape ou dans les parois, avec des conséquences coûteuses. On retrouve ici un principe central de la résilience du bâti : surveiller les points sensibles et intervenir de manière ciblée avant que le désordre ne se généralise.
Un seuil bien posé se reconnaît à sa discrétion. Il ne fait pas parler de lui, ni par le froid qu’il laisse entrer, ni par l’eau qu’il laisse passer, ni par les faux pas qu’il provoque. Il accompagne simplement les usages quotidiens, en silence, tout en protégeant efficacement la maison.
Harmonie visuelle, transition des sols et valorisation de l’entrée
L’entrée est l’un des espaces les plus symboliques de l’habitat. Elle condense en quelques mètres carrés des enjeux fonctionnels, techniques et esthétiques. Le seuil, bien qu’à peine visible, structure la manière dont on perçoit le passage de l’espace public ou du jardin vers l’espace domestique. Un seuil cohérent avec les matériaux, les couleurs et les lignes de la façade contribue à la valeur perçue de la maison, bien au-delà de son coût réel.
Travailler l’harmonie visuelle autour du seuil revient à articuler trois éléments : la porte, les sols (intérieur et extérieur) et les abords immédiats (muret, végétation, éclairage). Dans un projet contemporain, une porte pleine en aluminium anthracite, un seuil alu brossé et un grand carrelage rectangulaire à joints fins dessinent un ensemble lisible, sobre et facile à entretenir. Le seuil disparaît presque, tout en assurant la continuité visuelle et technique entre terrasse et entrée.
À l’inverse, sur une maison ancienne en pierre, on cherchera plutôt à assumer la matérialité du seuil : pierre naturelle, bois massif ou métal patiné, associé à un dallage traditionnel. Le seuil devient alors un repère architectural, qui rappelle les emmarchements et les appuis de fenêtre. Dans ce cas, l’enjeu est de concilier cette présence historique avec les exigences contemporaines d’accessibilité et d’étanchéité, en intégrant éventuellement des solutions discrètes (rampe légère, joints invisibles, faible ressaut).
Pour aider à composer ces ensembles, quelques associations typiques peuvent servir de point de départ :
| Style d’entrée | Seuil recommandé | Revêtements associés |
|---|---|---|
| Maison contemporaine claire | Seuil aluminium ou inox brossé | Carrelage grand format, béton lissé, terrasse minérale |
| Maison ancienne en pierre | Seuil bois ou pierre naturelle | Tomettes, dallage pierre, parquet massif |
| Pavillon rénové des années 80 | Seuil PVC ou alu coloré | Carrelage sobre, béton désactivé en extérieur |
| Maison bois ou bardage | Seuil bois protégé ou alu teinté | Terrasse bois, sol intérieur chaleureux et clair |
La lumière joue un rôle décisif dans cette perception. Une entrée sombre mettra en avant chaque défaut de finition : joints irréguliers, changement brutal de matériau, marche mal signalée. À l’inverse, un éclairage bien positionné – applique murale, spot encastré, bandeau LED basse consommation – valorise les textures du seuil, guide le regard et sécurise le pas. Dans des projets où l’on associe l’entrée à un petit espace planté (jardinières, mini-serre, bande végétalisée), le seuil devient alors la ligne de partage entre la matière minérale de la maison et le vivant du jardin.
Une manière pragmatique de vérifier la cohérence d’une entrée consiste à se poser quelques questions ciblées :
- Les matériaux de la porte, du seuil et des sols dialoguent-ils visuellement ?
- Le ressaut éventuel est-il lisible et sécurisant, de jour comme de nuit ?
- Les finitions (joints, profilés, barres de seuil) semblent-elles assumées ou ajoutées par défaut ?
- La transition entre extérieur et intérieur respecte-t-elle l’usage réel des habitants ?
Dans les opérations de rénovation globale, les architectes et maîtres d’œuvre constatent souvent que la requalification de l’entrée, seuil compris, transforme le rapport affectif à la maison. Un seuil bien pensé, c’est une manière de signifier que l’on prend soin de l’accueil, du quotidien et du confort de ceux qui franchissent la porte. Ce choix, pourtant modeste dans le budget total, participe pleinement à l’ambition d’une habitation durable, cohérente et agréable à vivre.
Comment reconnaître un seuil de porte d’entrée à remplacer ?
Plusieurs indicateurs doivent alerter : présence de courants d’air au pied de la porte, traces d’humidité récurrentes après la pluie, bois gonflé ou fissuré, métal déformé, joints craquelés ou manquants, difficulté à ouvrir ou fermer l’ouvrant. Si les revêtements de sol autour du seuil se décollent ou se tachent, ou si l’eau pénètre dans l’entrée lors d’épisodes pluvieux, il est probable que le seuil ne remplisse plus correctement son rôle et qu’une rénovation s’impose.
Un seuil PMR est-il pertinent pour une maison individuelle ?
Même lorsque la réglementation n’impose rien, un seuil bas ou PMR représente souvent un choix judicieux. Il facilite le passage des poussettes, des personnes âgées, des fauteuils roulants temporaires et limite les risques de chute. L’impact sur l’esthétique est faible, surtout avec les modèles actuels, et le surcoût reste limité au regard du gain de confort et de sécurité. C’est une manière d’anticiper sereinement l’évolution des usages du logement.
Quel matériau privilégier pour une porte d’entrée très exposée à la pluie et au vent ?
Pour une entrée fortement exposée, l’aluminium avec rupture de pont thermique et l’inox sont généralement les plus adaptés. Ils résistent bien aux intempéries, ne craignent pas la corrosion et demandent peu d’entretien. Un PVC de bonne qualité peut aussi convenir, à condition d’être correctement posé et jointoyé. Le bois est plutôt réservé aux entrées abritées ou aux projets où un entretien régulier est prévu et assumé.
La pose d’un seuil de porte d’entrée est-elle accessible à un particulier bricoleur ?
La pose peut être réalisée par un particulier soigneux, disposant des outils de base et suivant un guide détaillé. Les points à ne pas négliger sont la préparation du support, la prise en compte des niveaux de sols finis, la fixation stable et l’application rigoureuse des joints d’étanchéité. Pour une porte lourde, très exposée ou intégrée à une façade complexe, il reste préférable de faire intervenir un professionnel afin d’éviter les infiltrations et les défauts de fonctionnement.
Le seuil de porte a-t-il un impact réel sur la performance énergétique globale de la maison ?
Oui, même si son impact est localisé. Un seuil mal étanché crée une fuite d’air continue, qui augmente les besoins de chauffage en hiver et dégrade le confort thermique. À l’inverse, un seuil performant, associé à des joints de qualité et à une rupture de pont thermique, contribue à la performance de l’enveloppe en limitant les infiltrations au niveau d’un point particulièrement sensible : la jonction entre porte et sol.


